Un bâtisseur breton en selle
Alain Glon est l'une des figures les plus respectées du tissu industriel breton. Fondateur et architecte du Groupe Glon, l'un des plus grands groupes agroalimentaires de Bretagne, il a consacré sa vie à l'entreprise, à la terre et aux hommes. Aujourd'hui, à 85 ans, il continue d'entreprendre — notamment avec les chips Bret's — et entre deux projets, il enfourche son Bertin E34.
C'était en 1965, j'avais presque 25 ans quand mon cœur a lâché, c'était au temps où l'on ne regardait pas l'heure mais le travail qu'il fallait faire. Au sortir de l'hôpital les docteurs de me dire, pour les uns « votre cœur a 60 ans » et pour les autres, en faisant un sport tel le vélo, des fois ça améliore. Allons-y pour le vélo, seul d'abord, en club cyclo ensuite, le dimanche matin.
La famille s'y est mis et ce fut le temps des semaines fédérales. L'ennui gagnant mon épouse elle a appuyé de plus en plus fort sur les pédales. Ce fut le temps des Paris-Roubaix, Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris — 2 pour elle et un pour moi.
Au cours de ces quelques 30 années j'ai acheté un nouveau vélo tous les 10 ans. En 98 l'idée nous prit d'aller depuis notre Bretagne jusqu'à Compostelle, 1 600 km en 12 jours. Nous avons pris le goût des sacoches et de l'autonomie. Après avoir sillonné la France nous voici en route pour Budapest, une autre fois ce fut Prague, puis un autre aller à Budapest avec un couple d'amis.
C'est alors que mon épouse a dû arrêter le vélo — c'était en montant le Tourmalet, son cœur a renoncé. Ce fut un temps au combien difficile pour nous deux. De mon côté, les dizaines d'usines dont j'avais la charge m'ont contraint de réduire le vélo au niveau de la thérapie nécessaire.
Tallinn à 75 ans, en VAE pionnier
C'était en 2015, un ami me sollicite : connais-tu quelqu'un qui viendrait avec moi, en autonomie, en direction de Tallinn… Oui, moi, si mon épouse l'accepte. J'avais 75 ans et travaillais un peu moins. Je regarde la carte en me disant : si je vais jusqu'à Berlin, ce sera bien, c'est à mi-chemin.
En 2015 c'était le temps des tous premiers vélos à assistance électrique. Un vélo Cybien, deux petits moteurs de part et d'autre de la roue arrière, une sorte de solex. Chargé, le vélo faisait 40 kg. En 26 jours, nous avons atteint Tallinn. 3 200 km et plein de souvenirs. Fallait être un peu mécano.
Le Cybien — la pièce de musée qui a emmené Alain jusqu'à Tallinn en 2015.
C'est vers 2020 que j'ai acquis un Cannondale Neo-Pro avec moteur Bosch — ma Limousine. J'approche les 40 000 km, d'une robustesse à toute épreuve. Chargé à 45 kg, avec 900 watts en deux batteries, j'atteins aisément les 200 km. Chaque année avec Loïc, nous réalisons un grand périple : Cracovie, le lac Balaton, Zagreb, Ljubljana… L'an dernier : Budapest, Belgrade, Sofia, Bucarest et retour Budapest.
La Limousine — le Cannondale Neo-Pro chargé à 45 kg, prêt pour les grands périples européens.
Le Bertin E34 : le top du top
Le Bertin E34 — le vélo du dimanche, en Bretagne.
Pour suivre le progrès, en 2024, je me suis offert un Bertin E34 avec moteur Polini. Et là c'est le top du top. Pensez donc : 75 newtons — si vous n'avez pas essayé, vous ne pouvez imaginer. Le dimanche matin me loger dans un peloton de gamins, quel bonheur.
« T'as quel âge ? »
« 85. »
« Pas possible… »
« Si tu fatigues dans la prochaine côte, je mettrai sur 5 et d'une poussette on doublera tout le peloton. »
C'est d'accord, c'est mon vélo du dimanche et je ne le prends pas quand il pleut — mais je pense que pour vous c'est tout pareil, vous ne mettez pas costume-cravate tous les jours. Et puis Bertin vous le fait à votre main.
Un ami avec qui je fais des escapades d'une semaine par-ci par-là s'est offert un Bertin type VTC — pneus de 32, fourches télescopiques, amortisseur de selle… Quand il appuie, je vois son feu rouge. Pas très longtemps.
Mon rêve, si Madame le veut bien : faire le tour de l'Adriatique depuis Trieste. Pour atteindre les 3 000 km, il nous faudra monter le Stelvio.
— Alain Glon
Chez Bertin, à Guengat
Alain, c'est toujours un bonheur de vous recevoir
Il y a des visites qui font du bien. Quand Alain pousse la porte de notre atelier à Guengat, c'est toujours avec ce sourire immédiat, cette pêche communicative qui force l'admiration. À 85 ans, il arrive avec ses idées, ses questions techniques, ses anecdotes de route — et repart avec son vélo révisé, un café dans le ventre, et souvent quelques conseils glissés à l'équipe.
Car Alain ne se contente pas de rouler — il observe, compare, analyse. Ses retours sur le comportement du moteur Polini en côte, sur l'équilibre du vélo chargé, sur ce qu'il aimerait voir évoluer… sont précieux. C'est le genre de client qui vous fait progresser.
Mais Alain, c'est aussi bien plus qu'un client. Avec le parcours exceptionnel qui est le sien — des dizaines d'usines bâties, des milliers d'emplois créés, une vision industrielle rare — il nous fait l'honneur de partager ses conseils sur l'entreprise, la croissance, la transmission. Ces échanges autour d'un café à l'atelier valent de l'or. Nous lui en sommes profondément reconnaissants.
Merci Alain. Pour votre confiance, votre bonne humeur, vos conseils, et pour nous rappeler à chaque passage que la passion et l'exigence — dans le vélo comme dans l'entreprise — n'ont pas d'âge.
Le goût de la Bretagne
Chips Bret's
Nées de la passion d'Alain Glon pour le terroir breton, les chips Bret's incarnent la même exigence que ses autres aventures industrielles : des ingrédients sélectionnés, un savoir-faire local, une fierté régionale. À découvrir absolument.


